La chanson du jour (226)

30 juillet 2014

J’ai toujours adoré cette chanson, surtout depuis que j’ai lu un des ouvrages les plus marquants dans ma vie, Les engagés du grand portage de Léo-Paul Desrosiers.

Il y a probablement un brin de nostalgie dans l’équation, de cette drôle de parlure (comme dirait Vigneault) qui me rappelle ma grand-mère autant que la lecture de La Chèvre de monsieur Séguin d’Alphonse Daudet m’avait fait le même effet.

Les Raftsmen de Jacques Labrecque.

Bing sur la ring, Bang sur la rang
Laissez passer les raftsmen
Bing sur la ring bing bang

P.S.  Pour les curieux, cette chanson n’est vraiment pas la plus populaire de Labrecque…  Son hit, chaque québécois le connaît par coeur!  Je vous laisse chercher un brin sur internet!  :)

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On est…

24 juin 2014

Fut un temps, jadis, où j’étais fédéraliste.  Je donnais une chance à ce pays qu’on appelle le Canada.  Probablement prémonitoire, j’suis né le même jour qu’on a pendu les Patriotes en 1839 ainsi que le premier jour où le drapeau du Canada a flotté au Parlement en 1965…  Bref, j’étais mélangé et ambivalent!  Ce n’est qu’après avoir habité quelques années en Ontario, puis aux États-Unis, que j’ai défroqué du fédéralisme pour devenir résolument indépendantiste…

J’ai vainement tenté, à quelques reprises, de mettre en mots ce que c’était que d’être Québécois.  Ce n’est pas que la langue ni la culture, c’est une manière d’être.  Comme j’ai déjà expliqué à un ami ontarien, j’ai plus en commun avec un parisien qu’avec un type de Lancaster, Ontario, à 45 minutes de Montréal.  Le Canada, c’est un corps étranger auquel nous nous sommes tant bien que mal adaptés.  Mais un corps étranger quand même.

Je rêve que mes enfants vivent au Québec, pas au Canada!  J’veux qu’il sachent ce qu’est une clef, d’la pitoune, la parlure, dérenché, qu’ils soient capables de situer la Gaspésie sur une carte plus vite que New York ou L.A., qu’ils sachent d’où ils viennent et par où ceux qui les ont précédé sont passés, qu’ils réalisent le bout de chemin parcouru et celui qui reste à faire, qu’il sachent qu’avant de s’installer, il faut défricher pis que ça, c’est dur pis platte mais nécessaire.  Y’en aura pas de facile comme dirait l’autre…

J’voudrais leur dire que le Québec c’est…

Le Québec, c’est Adélard Godbout, Alain Grandbois, Alain Lefèvre, Alphonse Desjardins, André Fortin, André Laurendeau, André Mathieu, Anne Hébert, Armand Vaillancourt, Camille Laurin, Claude Dubois, Claude Gauvreau, Claude Jasmin, Claude Jutra, Claude Léveillée, Claude Raymond, Dan Bigras, Daniel Bélanger, Dany Laferrière, Denise Pelletier, Denys Arcand, Diane Dufresne, Émile Nelligan, Eugénie Bouchard, Félix Leclerc, Fred Pellerin, Gérald Godin, Gérard Bessette, Gaétan Boucher, Gaston Miron, Gerry Boulet, Gilles Carle, Gilles Vigneault, Gilles Villeneuve, Guy Lafleur, Guy Laliberté, Henri Richard, Honoré Mercier, Hubert Aquin, Jacques Ferron, Jacques Parizeau, Janette Bertrand, Jean Coutu, Jean Drapeau, Jean Duceppe, Jean Leloup, Jean Lesage, Jean Talon, Jean-Claude Lauzon, Jean-Paul Lemieux, Jean-Paul Riopelle,
Jean-Pierre Ferland, Joseph-Armand Bombardier, Julie Payette,
Léo-Paul Desrosiers, Léo-Paul Lauzon, Lionel Groulx, Lise Payette,
Lise Watier, Louis Cyr, Louis-Hippolyte La Fontaine, Louise Forestier,
Luc Plamondon, Madeleine Parent, Marc Favreau, Marc Hervieux,
Marc Labrèche, Marcel Tessier, Marcelle Ferron, Marie Gérin-Lajoie,
Marie Laberge, Martin Brodeur, Martin Picard, Mario Lemieux,
Maurice Richard, Michèle Lalonde, Michel Chartrand, Michel Garneau,
Michel Rivard, Michel Tremblay, Norman Bethune, Normand Laprise,
Olivier Guimond, Oscar Peterson, Patrick Roy, Paul Piché, Paul-Émile Borduas, Pauline Julien, Pierre Bourgault, Pierre Falardeau, Pierre Foglia, Pierre Péladeau, Pierre Perreault, Pierre Vadeboncoeur,
Pierre Vallières, Plume Latraverse, Réjean Ducharme, Raymond Lévesque, René Lévesque, Richard Desjardins, Richard Garneau,
Robert Bourassa, Robert Lepage, Serge Fiori, Simonne Monet-Chartrand, Sylvain Lelièvre, Thérèse Casgrain, Victor-Lévy Beaulieu,
Wilfrid Pelletier, Wolfred Nelson, Yves Beauchemin, Yves Thériault,
Yvon Deschamps.

Le Québec, c’est aussi le combiné téléphonique, la radio AM, la motoneige, la souffleuse à neige, les biberons Playtex, le train d’alunissage du module lunaire du programme Apollo, les premières lignes de transport à 735Kv, c’est Manic-5, le complexe La Grande, le mur de Fermont, etc.

Le Québec c’est de grandes forêts, une porte vers l’Arctique, le grand nord, des rivières et des sources d’eau innombrables, un fleuve majestueux, des terres cultivables en quantité, du minerai à n’en plus finir, des ressources plein le territoire…

Le Québec, c’est tout sauf un pays, malheureusement…  pour l’instant.

« On n’est pas un petit peuple, on est peut-être quelque chose comme un grand peuple. » (René Lévesque).

Bonne Saint-Jean!

 


Mes trente romans préférés

21 avril 2013

Depuis quelques années, la mode est aux listes de toutes sortes.  Ne reculant devant rien, je me suis affairé à établir la liste de mes trente romans préférés, simplement par pur plaisir.  Comme j’ai fait cette liste de mémoire et que j’ai quelques centaines de romans derrière la cravate, il est très probable que j’aie manqué certains incontournables par simple oubli.

Par ailleurs, il va sans dire que certains romans nous parlent plus à certains moments de notre vie que d’autres : il est probable que refaire la même liste dans 5 ans aboutirait à des choix différents!  Vous noterez aussi que cette liste ne comporte que des romans, de là les grands absents de la littérature comme Apollinaire, Beaudelaire, Rousseau, etc.

Alors voici ma liste, sans aucun ordre particulier!

1) Rendez-vous avec Rama (Arthur C. Clarke, 1973)

Je sais, tout le monde vante à outrance « 2001 : l’Odyssée de l’espace » mais le film de Kubrick fut un tel chef-d’oeuvre qu’il a fini par éclipser le roman dans mon cas!

2) Vamp (Christian Mistral, 1988)

Un ouvrage marquant!  Je suis tombé sur le cul en lisant ça!  Le premier de la série Vortex Violet.  Eh oui! Mistral, à mon avis, mérite d’être dans la même liste que Kerouac, Camus et les autres grands!

3) Le conformiste (Alberto Moravia, 1951)

Probablement le seul roman pour lequel l’adaptation cinématographique était aussi bonne que le roman!  Une ambiance assez lourde, mais c’est merveilleusement écrit!

4) La nausée (Jean-Paul Sartre, 1938)

Un roman philosophique absolument délicieux.  Et quand on sait qu’il s’agissait du tout premier roman de l’auteur, on ne peut que rester sans mot!

5) Le libraire (Gérard Bessette, 1960)

Celui-ci figure dans ma liste pour des raisons purement nostalgiques.  On m’a tellement lavé le cerveau, étant plus jeune, en me disant que la littérature classique était française et rien d’autre que j’ai longtemps eu un dédain et une attitude snobinarde face à littérature québécoise.  C’est ce roman qui m’a fait changer d’idée!

6) Sur la route (Jack Kerouac, 1957)

Un monument de la littérature, de la beat generation, une pièce d’anthologie écrite d’un seul jet sur un rouleau de papier!  On ne peut que s’exclamer : wow!

7) Sexus (Henry Miller, 1949)

Le premier ouvrage de la trilogie La Crucifixion en rose.  Quand on sait que ce roman est autobiographique, on ne peut que retenir son souffle devant une vie aussi rock ‘n roll !

8) Le Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes (Robert M. Pirsig, 1974)

Je dois l’avouer, j’ai un faible pour les romans à saveur autobiographique, philosophique et pour tout ce qui relate des road trips alors comment ne pas adorer ce roman qui réunit mes 3 ingrédients favoris!

9) Le Guide du voyageur galactique (Douglas Adams, 1979)

Un arrêt obligé de la littérature anglaise!  Ironique, drôle, absurde, le summum de l’humour anglais!  Et vous connaîtrez le secret de l’Univers… mais je ne vous dévoile pas la réponse!

10) La femme de papier (Françoise Rey, 1989)

Une heureuse suggestion de la mère de mon fils. Dans son genre (littérature érotique), cet ouvrage est un des meilleurs sinon le meilleur que j’ai lu!  Ce qui est encore plus frappant c’est que ça a été écrit par une femme.  À vous en décrocher la mâchoire!

11) Souvenirs d’un pas grand-chose (Charles Bukowski, 1982)

La vie totalement folle de Bukowski avec ses excès de débauche, d’alcool, de drogues et de femmes avec comme fil conducteur un retour sur son enfance racontée dans son style cru, direct et sans ménagement.

12) La défense Loujine (Vladimir Nabokov, 1930)

Un portrait un peu caricatural du joueur d’échecs avec quelques bribes de la folie qui nous habite parfois, nous, les joueurs d’échecs.

13) Quelqu’un d’autre (Tonino Benacquista, 2001)

Un agréable accident de parcours: une suggestion de la mère de mon fils qui a insisté pour que je lise ce roman dont je n’avais jamais même entendu le nom de l’auteur!  L’histoire d’un pari fou enchâssé dans une histoire tout à fait originale!

14) Les Engagés du Grand-Portage (Léo-Paul Desrosiers, 1938)

Un classique de la littérature québécoise!  Un roman historique  décrivant la traite des fourrures au Canada au début du XIXe siècle.  Le seul roman historique que j’ai lu avec intérêt et passion!

15) La Peau de chagrin (Honoré de Balzac, 1831)

Cet ouvrage que plusieurs considèrent comme le premier vrai roman de Balzac est à la fois envoûtant, profond et teinté d’un léger parfum philosophique.

16) De la Terre à la Lune (Jules Vernes, 1865)

Ne serait-ce que pour ses dons prémonitoires (il a prévu que l’homme irait sur la Lune 104 ans avant que ça se réalise!), pour les détails techniques et technologiques qu’il a décrits, ce roman (et son auteur) mérite toute notre admiration

17) Candide (Voltaire, 1759)

Je suis tombé sous le charme dès les premières lignes de ce roman, sans trop savoir pourquoi!  Encore à ce jour, je ne m’explique pas pourquoi!

18) Du côté de chez Swann (Marcel Proust, 1913)

Un incontournable de la littérature française.  Un chef-d’oeuvre.  La première phrase de ce roman est considérée par plusieurs comme une des plus belles jamais écrite de la langue française : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure… ». Que dire de plus?

19) Le Seigneur des anneaux (J. R. R. Tolkien, 1954)

Un oeuvre magistrale et complexe  qui vous transporte dans un monde imaginaire fabuleux! Un incontournable de la littérature fantastique.

20) Le procès (Franz Kafka, 1925)

Une oeuvre publiée à titre posthume.  Un roman noir, à l’ambiance lourde où l’absurdité côtoie des dédales de bureaucratie dont on ne voit jamais la fin.  Unique en son genre.

21) Chroniques martiennes (Ray Bradbury, 1950)

Techniquement, il ne s’agit pas d’un roman.  Toutefois, ce recueil de nouvelles nous donne l’impression d’être un roman fracturé en un ensemble de nouvelles homogènes dépeignant chacune le tableau d’une histoire extirpée d’un tout qui fait du sens.

22) Le grand Meaulnes (Alain-Fournier, 1913)

Fournier fignolera pendant 8 ans ses notes et des bribes de chapitres jusqu’à l’aboutissement de la version définitive de ce roman.  Un roman qui donne l’impression d’être le témoin privilégié d’un rêve flou, raconté par une tierce personne.  Ce roman manqua de peu le prix Goncourt.

23) Le festin nu (William Burroughs, 1959)

Une incursion dans le monde malade des délires hallucinogènes de Burroughs.  Obscénités, cauchemars, bad trips, délires, hallucinations et chaos s’entremêlent dans cette orgie de mots et d’idées dans l’univers dérangé de ce junkie!  Âmes sensibles s’abstenir!

24) Le premier homme (Albert Camus, 1960)

Un roman autobiographique, publié à titre posthume par la fille de l’auteur.  Considérant qu’il s’agit du premier jet de cet ouvrage, on ne peut que pleurer la disparition du romancier en réalisant qu’en cent ans je n’aurai jamais le talent pour arriver à la hauteur de ce brouillon!

25) L’étranger (Albert Camus, 1942)

Une pièce d’anthologie, un classique, un tour de force raconté à la première personne sous la forme d’un monologue à saveur philosophique.  Un must à lire.

26) Le joueur d’échecs (Stefan Zweig, 1943)

Une nécessité pour tout joueur d’échecs, dont je suis.  Un roman remarquable écrit peu avant le suicide de l’auteur.  Une fin abrupte pour un écrivain de si grand talent.

27) Si par une nuit d’hiver un voyageur (Italo Calvino, 1981)

Un tour de force technique où l’auteur s’amuse à réorganiser la structure du roman d’origine.  Je ne vous en dis pas plus!

28) Saga (Tonino Benacquista, 1997)

Une histoire folle où des scripteurs, blasés par l’écriture d’une minisérie télévisuelle merdique, se mettent à déconner.  L’aventure prend une tournure imprévue quand les téléspectateurs tombent en amour avec les intrigues idiotes et abracadabrantes des personnages de la série.  Une critique de l’imbécillité de ce que la télé a de pire à offrir!  Tout simplement délicieux et tellement drôle!

29) 99 francs (Frédéric Beigbeder, 2000)

Une autre suggestion de la mère de mon fils. Un roman de fiction à saveur autobiographique se voulant à la fois un exercice de style comme les 6 chapitres sont écrits à des personnes différentes.  On passe du « je » au « tu » au « il » au « nous », etc.  Ça m’a vaguement rappelé « Exercices de style » de Queneau, mais en beaucoup plus intéressant!

30) Vol de nuit (Antoine de Saint-Exupéry, 1931)

Saint-Exépury, ce n’est pas que Le petit prince.  Ce roman d’inspiration autobiographique vaut largement le détour.